La série Le bureau des légendes débute sur des mensonges. Le ton est donné. Guillaume Debailly, alias Paul Lefebvre, alias Malotru (Mathieu Kassovitz) raconte à sa correspondante Marie-Jeanne ses derniers jours à Damas et en particulier sa rupture avec la belle Nadia. « Ca s’est mal passé », prétend-il, mais il n’en est rien. Nadia a compris et a laissé partir son Paul rejoindre la Jordanie après une dernière étreinte.le bureau des légendes

Servie par des acteurs impeccables, la série nous plonge rapidement dans les coulisses de la DGSE et ses différentes actions. On y découvre un monde impitoyable où chaque pays dispose de renseignements échangés à prix d’or. Et obtenus avec des méthodes plus ou moins légales.

L’ensemble est très réaliste, bien que je n’y connaisse rien en contre-espionnage. Néanmoins, les rouages évoqués et les termes utilisés semblent plausibles. On prend vite goût à la double vie que mène Debailly/Lefebvre partagé entre son amour pour Nadia et son pays. On le voit s’enliser dans des situations inextricables censées le couvrir mais qui le mèneront à sa perte.

le bureau des légendesEn parallèle, nous suivons la formation de Marina Loizeau et la façon dont elle gère sa première mission sous couverture de sismologue en Iran. Encore une fois, le jeu des acteurs est parfait, on sent la jeune espionne à la fois fragile et perturbée par les changements soudains de sa vie privée que va engendrer sa mission pour la DSE, et forte et déterminée quand à la réussite de la tâche confiée. Le scénario nous fait douter de sa pleine implication dans sa mission, mais elle s’en sort magistralement face au danger.

Le bureau des légendes est une vraie réussite. Alors que la saison 2 est sur le point d’être diffusée sur Canal+, nous avons du mal à quitter ces personnages auxquels on s’est attaché : les correspondants rongés par la culpabilité d’avoir laissé passer des détails capitaux dans leurs analyses, les directeurs impitoyables mais humains et les espions en eux-même capricieux mais qui tentent comme ils peuvent de faire leur travail. On voyage entre Alger, la Syrie, Paris ou les pays de l’est, la production n’a pas lésiné sur les moyens. Et ça se sent, c’est crédible et c’est bien fait.

La musique qui accompagne l’ensemble est bien dosée, subtile ou menaçante selon les moments. Mention spéciale au titre « Annabel » par Goldfrapp qui accompagne la fin de certains episodes.

Vivement la saison 2 !

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